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Ronces et rosiers
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Blasphème
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 17:07 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Ce qu'il fit, elle ne s'y attendait pas, soyons honnêtes. Jamais personne ne s'approchait d'elle et jamais elle ne sentait le souffle d'un homme sur sa nuque. Pourtant, si elle avait voulu elle aurait déjà tissé son destin à d'autres... Si elle avait voulu. Prise entre les bras de l'homme elle secoua lentement la tête sans chercher à s'extraire de son emprise, autant être réaliste, elle ne le pouvait pas. Elle se sentait génée, peu habituée à ce genre de situation et peu préparée à l'éventualité de... de... mais non enfin ! De rien ! Il fallait qu'il la lache et  plus vite que ça  !

 -Bah c'est bien, vous avez accroché votre candidature tout seul comme un grand. Maintenant, je crois que vous n'avez pas besoin que vous vous colliez tant à moi pour la visite, je ne suis pas rapide, je n'ai donc aucune chance de vous semer.

Elle ne rajouta pas que ses jambes étaient trop courtes pour cela mais un sourire se dessina sur ses lèvre.

 -On va commencer par la cuisine, parce-que vous êtes un homme et je sais qu'à part manger il n'y a pas grand chose qui vous intéresse... Si vous aviez l'amabilité de me laisser partir devant ça m'éviterait de vous transformer en crapaud et ne comptez pas sur moi pour vous embrasser ensuite !

La magicienne marmonna quelques paroles et secoua une nouvelle fois la tête. C'était quel genre d'homme, cet archer ? Celui qui cherchait une petite femme défigurée et désagréable ? Il n'était pas encore né celui qui lui mettrait le grapin dessus et maintenant que sa mélancolie de son passé dans sa guilde mère qui n'était plus était partiellement passée elle reprenait du poil de la bête et son caractère en prime.
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 17:07 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 18:27 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Mais bien entendu.

Je ramenai mes mains, les paumes tournées vers le plafond, d'un air prude auquel mon sourire continuait d'ôter tout crédit. Je ne m'étais toutefois pas écarté de la magicienne, l'obligeant à me pousser pour passer.

L'utilisation d'humour pour s'en extraire, les formules alambiquées… Tant de détails trahissant un embarrât que je me complais tant à provoquer.

Avant de me retourner pour suivre Blasphème vers les cuisines, je m'aperçus que le contact froid et doucereux de la pointe ne m'avait pas trompé : il s'agissait bien d'une de mes précieuses flèches à pointes d'argent que je venais d'employer négligemment à placarder mon morceau de parchemin.

Je me maudis intérieurement de mon manque de vigilance et me promis de récupérer cet objet plus tard, tout en emboîtant le pas à la petite femme.


Les cuisines ?
Probablement me voyait elle comme ceux qui aiment manger à outrance.
Je détestais pourtant ce genre d'attitude. Le trop de nourriture, de boisson, les rigolades entre "amis" dans une bonne taverne. Tout en fait. Tout ce qu'il était me rebutait. Toutes ces choses qui me rapportaient à cet homme qui m'avait formé jadis.
Il fut bedonnant, bien coiffé et moustachu. J'étais svelte, débraillé et rasé de près.
Je n'avais appris à apprécier les cuisines que pour y faire à manger, lorsqu'à table se trouvaient des gens agréables, ou lorsque nous mangions dans une famille dont la fille était attirée par les bons cuisiniers. C'était aussi l'une des seules libertés qu'il me permettait à l'époque.
"Non seulement vous venez nous sauver, mais en plus vous nous faites à manger !" disaient-ils. Ils n'avaient jamais le même discours lorsque nous repartions, et leurs sourires ne laissaient qu'entrevoir la joie de nous voir disparaître. Nous, et les souvenirs honteux qui nous accompagnaient.
Oui, j'avais aimé cuisiné. Il était pourtant hors de question que je recommence. Le seule vue d'un poêle me ramenait à son visage si soigné, si beau, qu'on l'appelait "Monseigneur", titre dont il ne cessait de se glorifier en caressant la petite tête du "malheureux enfant perdu" qu'il avait adopté.

Cuisiner, aujourd'hui, me donnait la nausée.

A tel point que je ne mangeais ma viande que crue.

Je m'aperçus soudainement que nous n'étions déjà plus dans les cuisines. Mes vêtements me collaient à la peau, comme en sortie de transe. Pourquoi "comme" d'ailleurs ?

Je tentais de ne rien laisser voir de mon trouble subit tandis que Blasphème me guidait dans la maison, qui m'apparaissait désormais bien plus grande que d'extérieur. Étrange créature aux innombrables râles que provoquaient nos pieds sur le parquet, et dont les boyaux dans lesquels nous évoluions me parurent tout à coup interminables.


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Blasphème
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MessagePosté le: Mer 17 Juil - 01:26 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Il l'avait relâchée, sans même rechigner. C'était tant mieux et comme si de rien n'était la naine commença la visite des lieux. Elle s'arrêta un moment dans la cuisine qu'elle montra d'un geste de la main:

-Il y a de tout, des casseroles, un garde manger et du gibier dehors qui court dans la forêt. Ce sont les archers qui sont mis à contribution pour la chasse, j'espère que vous vous y prenez mieux que pour coller les affiches, les biches ne se laissent pas facilement enlacer.

Nonchalamment, elle coinça sa baguette dans sa ceinture avant de sourire:

-Bien entendu, ne comptez pas sur moi pour vous faire apparaître quoi que ce soit, je n'ai pas de pouvoirs infinis et ma baguette est capricieuse.

Les bonnes excuses marchaient toujours, sa baguette n'était là que pour meubler... Blasphème faisait tout de ses mains. D'ailleurs, quand tout le monde dormait il n'était pas rare qu'elle se rende seule aux cuisines et se cache sous une table pour dévorer quelques gourmandises apparues par enchantement. Elle évitait de faire de la magie le soir dans sa chambre, de peur que ses compagnons d'arme puissent l'entendre de la leur. Elle ne voulait pas admettre qu'elle était en plus de tout nulle en cuisine... Bah quoi ? Elle n'avait que le niveau débutant mais ça elle ne l'assumait pas. On ne pouvait pas non plus tout assumer. C'était comme ça.

-Je ne sais pas si vous avez faim ou pas... Mais honnêtement c'est bien là le cadet de mes soucis... Puis vous êtes assez grand....

Disant cela elle leva le nez de son masque sur celui qui faisait presque deux fois sa taille et elle continua la visite. Mollement, elle désigna une pièce sur sa droite au hasard d'un couloir:

-Là, vous avez ce qui pourrait être votre future chambre, mais je n'ai pas envie que vous me coinciez sur votre lit... Donc vous visiterez cela tout seul.

Une fois contre un mur suffisait, Blasphème avait retenu la leçon.

-Et sinon... Je sais ce qui vous intéresse le plus...

Disant cela elle empoigna le nez de son masque dans sa main:

-Puis ça va me rendre service, si c'est le seul moyen pour que vous détourniez votre regard de moi...

Et lentement elle le souleva avant de river ses orbes émeraudes dans celles du guerrier. Des cicatrices recouvraient les joues de la magicienne, autour de ses yeux des traînées blanches filaient et autour de son oeil droit un ancien ecchymose semblait éternel. Bien entendu, on aurait pu imaginer ce visage bien plus abîmé mais la beauté pour une femme était son seul apparat, on ne pouvait plus dire aujourd'hui que la naine était belle, bien qu'elle devait l'être dans des temps reculés.



-Maintenant, je vous laisse rejoindre les sous sols, vous y trouverez quelques gardiens de clé. Vous serez enfermé et torturé pendant que nous vous poserons des questions... Et j'ai hâte d'entendre à mes oreilles vos supplications.

La magicienne rit et remit son masque. La visite avait été courte, il restait encore beaucoup de choses mais aujourd'hui Mio en avait bien trop vu.
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MessagePosté le: Mer 17 Juil - 11:39 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Ainsi devais-je continuer à m'enfoncer dans la demeure pour moi-même être cuisiné.

Mon passé avait disparu de mes préoccupations. Mon malaise m'avait quitté.

J'étais un peu déçu. Trop facile. Voir sous un masque, ça se mérite. J’espérais avoir à combattre un peu plus.
Ce visage. Ce serait un doux euphémisme de dire qu'il était tuméfié. Il portait à lui seul plus de cicatrices que l'ensemble de mon corps.
Mais il y avait mieux. Ce visage, ces traces... Je m'attendais à voir un mystère s'ouvrir sur une vérité. Mais non. Le mystère s'est ouvert sur un autre mystère. Une autre histoire qu'il me tarde de découvrir.
Le chasseur s'est trouvé une nouvelle proie. Et je serais bien curieux de savoir qui entendra les supplications de l'autre...

Ah, voilà justement le gardien dont elle me parlait.

...

J'ai rejoint ma cellule. Les heures de questionnement m'ont exténué. Mais il me semble avoir fait bon effet.
Ils me plaisent. Beaucoup auraient rejeté le cas social que je suis dès le premier contact. Ils ont cette ouverture d'esprit que je m'attendais à trouver. Peut-être deviendraient-ils un jour plus à mes yeux que mes employeurs.
Ah ! Chaque chose en son temps. Déjà faut-ils qu'il m'acceptent. Il ne m'ont rien laissé entendre de précis à ce sujet.

Mais il le faut. Et puis il y a cette fille.
Quel âge peut-elle bien avoir d'ailleurs ?

Je suis assis sur l'unique tabouret de ma cellule. Mon regard glisse de mon pied désormais nu jusqu'à mon genou, qui sert de promontoire à mon coude. Il termine sur ma main qui soutient mon crâne, incapable de se tenir seul.
Mes doigts jouent avec mes cheveux.

Depuis combien de temps n'ai-je pas conquis de femme ? Je ne parle pas de ces catins qu'on se partageait entre soldats. Encore moins que ces femmes qui levaient leur robes contre leur gré pour soulager une file de combattants polis qui s'excusaient presque de leur conduite. Moments irréels où toutes ces folies paraissent naturelles.
Pas la moindre saveur.
Depuis combien de temps n'avais-je pas entendu...?

Chpomp.

Qu'était-ce ?
Le mécanisme rouillé de la cellule qu'on m'avait allouée grinça, et la porte s'entrouvrit pour laisser passer une minuscule créature. Non. Pas celle que j’espérais.
Je saisis le grifferon voyageur et lui arrachait sa lettre. Ces bêtes m'avaient intrigué autrefois. Je m'étais demandé si leur faculté de retrouver les gens à leur odeur ne pouvait pas être utilisée pour les pister. Passé le dégoût de voir à ce corps d'oiseau un immonde museau de rat, ils auraient pu être d'une grande utilité. Hélas, les petits monstres procédaient par comparaison et élimination d'odeurs. Autant dire que leur parcours était tellement imprévisible qu'on ne pouvait en aucun cas les suivre.
Après avoir farfouillé pour trouver de quoi écrire, je me résolus à me piquer l'index avec une pointe de flèche et à m'en servir d'encrier. Je répondrai à cette personne au dos de sa lettre pour lui opposer mon refus.
Je fis sentir la lettre au gifferon qui décolla immédiatement. Je me démenais pour l'attraper par la patte et lui attacher cette même lettre avant qu'il ne parte, mais c'était sans soupçonner la force de cette chose. Je finis à plat ventre, ayant juste le temps d'utiliser mes avants-bras en protection.
Je ne voyais plus ni grifferon voyageur, ni lettre. Espérons qu'elle ne se détacherait pas en vol.

...

Espérons aussi que personne n'a eu l’indiscrétion de venir me voir pendant mon sommeil. Je me remets à genoux tant bien que mal sur le sol en me frottant la nuque.
J'ai mal à peu près partout de cette nuit par terre et je me sens poisseux.
Le soleil n'est pas encore levé.

Je quittais la demeure discrètement et me nettoyais dans un ruisseau non loin.
L'eau jouait de ses remous sur mes muscles saillants tandis que mes pieds remuaient la bouteille de bière dans le liquide encore si froid de la nuit.
L'aube pointait lorsque je revins devant... Disons le manoir, maintenant que j'ai mieux conscience de sa taille.
Je retirai mon bouclier laissé pour coincer la porte et ôtai du mur ma flèche d'argent pour la remplacer par une flèche ordinaire que je trouvais enfoncée dans le corps sur mon épaule droite. La biche s'étala sur la paillasse de la cuisine et je lui coupai une patte à l'aide de ma dague.
Je me mis à nouveau dehors pour dépecer le morceau de viande et le couper en fins morceaux.

...

Le plateau glissa sans bruit sur la table de chevet.
Tartare de biche finement ciselé et assaisonné de sa sauce maison... Ou viande crue avec, à côté, les épices trouvées ça et là dans les cuisines, qui pourraient faire l'affaire.

Alors que j'avais pris soin de mettre toute mon expérience de chasseur à ne pas faire le moindre bruit en entrant dans sa chambre, je fis brutalement claquer le broc de bière sur le meuble qui vacilla dans un bruit auquel le silence du matin fit écho.

Vous cherchiez quelqu'un pour la bière du matin je crois, Blasphème…?


Je laissais traîner mon doigt sur la table en me retournant et me dirigeait nonchalamment vers la porte.
J’espérais une intervention de sa part, quelque chose… Et je lui en laissais tout le temps.

Mais je ne pouvais pas trop jouer sur ce terrain accidenté. Que diraient ces guerriers qui m'accueillirent chez eux si je profitais de leur hospitalité pour abuser de l'une de leurs ?
Si elle ne faisait rien, j'arriverais bientôt à la porte de sa chambre et partirais.

Mais je ne pus m'empêcher de penser qu'en d'autres circonstances, elles aurait déjà été mienne...


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Blasphème
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MessagePosté le: Mer 17 Juil - 20:03 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Enfin, Mio l'archer était enfermé, au moins le temps qu'il soit accepté. Le temps que chacun le torture et lui pose des questions Blasphème pensait qu'elle en aurait pour bien deux ou trois jours. C'est donc l'esprit tranquille qu'elle s'endormit ce soir-là, le masque posé sur la table de nuit. Elle espérait qu'il aie trouvé son visage des plus repoussants et que jamais plus il ne viendrait la voir. Malheureusement, il y avait des personnes que jamais rien ne rebutait...

Dans son petit lit, la naine ronflait doucement. Comme toujours, elle rêvait d'un magicien qui tantôt était un homme, tantôt était une femme selon la luminosité qui l'éclairait. Tantôt devant lui Blasphème souriait, tantôt elle ne souriait plus. Elle ne savait que trop ce que ce songe représentait mais chaque soir elle se conditionnait pour refaire le même, cela lui passerait un jour... Sans doute...

Elle fut réveillée par un bruit peu commun et elle s'assit dans son lit, sa baguette tendue vers la silhouette sombre qui se tenait devant elle. La magicienne ne tarda pas à la descendre et ses émeraudes se braquèrent sur le plateau qu'on lui avait amené... Serait-ce possible que...


-Keyôbura ?

De sa baguette, Blasphème laissa s'échapper quelques feu follets qui ne tardèrent pas à éclairer le visage de l'étranger qui n'en était plus exactement un. Les petites bêtes étincelantes se mirent à rire et se suspendre dans les airs, attendant que la magicienne leur donne l'ordre de se retirer. Evidemment, ce n'était pas Keyôbura... Que pouvait-elle bien imaginer ? Il était une femme maintenant et il ne viendrait jamais plus la voir... D'ailleurs il n'était jamais venu la voir ni lui ni personne avant Mio.

Secouant la tête, Blasphème remit son masque et s'efforça de reprendre de la contenance. Il était heureux que la veille elle lui ai de son propre chef permis de voir ce qui se cachait au-dessous de son bec, sans quoi sa colère de l'aube aurait été des plus terribles.


-Prenez une chaise et joignez-vous à moi, si vous avez pris la peine de faire ce repas autant que vous en profitiez vous aussi, surtout que si vous êtes sorti de votre cellule c'est que vous avez été accepté pour au moins deux semaines. je ne sais pas si vous me supporterez tout ce temps... Et je regrette profondément de ne pas avoir eu le loisir de vous voir souffrir en salle de torture.

La magicienne ricana et s'empara d'une tranche de biche crue.

-Hum... Voilà qui est singulier, d'habitude il ne reste plus de viande ou alors elle est rangée tout en haut des placards... cette attention voudrait dire que finalement vous ne voulez pas être un combattant mais mon majordome ?

Elle rit et mena à sa bouche le bout de viande crue qu'elle sembla apprécier, elle aimait tout ce qui était cru d'ailleurs de la nourriture au langage. Quand elle renaîtrait, elle serait aquamancienne pour pouvoir pêcher à la main et enlever les écailles des poissons avec les dents, le mieux sera quand ils frétilleraient encore entre ses lèvres, rien que d'y penser elle en frissonnait de plaisir.

-Je ne vois pas pourquoi vous semblez presque gentil avec moi, j'aurai tout fait pour que vous n'ayez pas envie de me voir mais je dois me rendre à l'évidence: je dois posséder ou savoir quelque chose qui vous intéresse, je me trompe ?

Bah oui, c'était pas intérêt ! Quoi d'autre ?

Mâchant sa viande avec bruit la magicienne attendait une réponse de l'archer.

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MessagePosté le: Mer 17 Juil - 23:45 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Je stoppais ma marche pour me retourner vers elle et observer qu'elle avait remis son masque.

Je m'attendais à quelque chose de plus inventif ou épicé venant de sa part. Une porte bloquée par magie... Que sais-je encore ?
Ainsi donc, être envahie dans votre intimité vous rend moins à l'aise, Blasphème. Serait-ce une pointe de peur qui donnerait lieu à cette timidité ? Que tant de paroles voudraient cacher ?

Je pris l'invitation à manger comme un prétexte suffisant pour saisir une chaise et me retrouver à la même hauteur qu'elle.

Je vous remercie mais j'en ai déjà mangé une part.

Le fait est que quand on a voyagé, qu'on s'est fait cuisiner par une troupe de dangereux larrons et qu'on a passé la nuit, tout cela sans avaler une miette, on a la patience difficile lorsque le gibier s'étale sans vie.

Penché en avant sur ma chaise, coudes sur genoux et mains croisées juste sous les yeux, je me contentais d'écouter en regardant la minuscule magicienne.

Vous avez raison, dis-je enfin. Vous possédez quelque chose qui m'intéresse.

Je laissais planer un léger silence.

Je pourrais vous donner un trait de caractère. Mais je crois que c'est l'ensemble qui m'attire...
Dites-moi...


Mes mains se défirent pour laisser à celle de droite le luxe de dessiner un masque devant mes yeux.

...est-il vraiment indispensable ici ?


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MessagePosté le: Jeu 18 Juil - 01:15 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Il était tombé sur elle, elle avait été la seule chose qui ressemblait à une femme et il s'amusait, évidemment il n'y avait aucune autre explication à ce manège et si jusque là la naine avait trouvé la plaisanterie bon enfant il fallait dire que maintenant ça ne l'amusait plus du tout. Elle posa le morceau de viande qu'il lui restait dans l'assiette et elle ôta son masque qu'elle posa sur son oreiller tout en jetant un regard froid à l'inconnu.

-Rien n'est vraiment indispensable, Mio mais retiens surtout que le plus important c'est de ne pas se ficher de moi !

Elle leva un bras et des rosiers s'élevèrent du sol pour entourer et emprisonner l'archer. Pour la première fois elle l'avait tutoyée, elle qui d'habitude était respectueuse de la politesse... Ainsi donc il osait se moquer d'elle en si peu de temps, il détenait le record et jamais jusque là la naine ne s'était attaquée à un autre royaliste... Il faut un début à tout, que voulez-vous que je vous dise ?
Ainsi donc, il l'aurait l'explication du jardinet, un peu tard mais il valait mieux tard que jamais. Les plantes, ça se chérissait, ça poussait lentement et ça servait le moment voulu. Un jour, elle serait une grande botaniste... Un peu comme elle serait bonne cuisinière... Un jour quoi.


-Je ne sais pas à quoi rime tout cela, je ne sais pas non plus à quoi tu joues... Es-tu aveugle ? Ne vois-tu pas la chose que je suis ? Penses-tu que je sois plus facile qu'une autre sous prétexte que sois naine et défigurée ? On ne peut pas être attiré par un monstre comme moi et il est pire encore de vouloir le faire croire ! Parce-que que tu le veuilles ou non, je n'ai de monstrueux que l'apparence !

Au-dessus de ses cheveux rouges les feux follets couraient dans tous les sens, comme affolés par la colère montante de la magicienne. Tantôt ils devenaient rouges, tantôt oranges et se cognaient contre les murs en faisant des "POC" assourdissants. Si toute la maisonnée n'était pas réveillée ils auraient de la chance, mais bon la bière endormait bien généralement.

Sautant au bas de son lit la magicienne se mit devant la plante qui emprisonnait l'archer et elle leva les bras pour la faire fleurir, ce qui arracha à son visage lacéré un sourire apaisé. Lentement, elles fanèrent et la plante commença à sécher, Mio serait bien assez grand pour se défaire seul de ses liens.


-Ne fais jamais l'erreur de me sous estimer ni même de jouer avec mes sentiments. Je suis aujourd'hui une chaumière ayant pris feu et je reconstitue lentement ma charpente. Ma santé mentale ne supportera aucun clou mis de travers.

Passant une main dans ses cheveux la magicienne s'assit sur son lit, sourit et reprit la tranche de viande qu'elle avait abandonné plus tôt et comme si de rien n'était elle hocha lentement la tête:

-Vous cuisinez bien, j'espère apprendre de vous quelques recettes.

Sa santé mentale... Combien de clous de travers possédait donc sa charpente ? Oh... Des milliers...

Au sol, la plante séchée gisait et dans les couloirs aucun bruit ne se faisait entendre. La première impression était: personne n'avait rien entendu ou un sort avait été jeté contre cela.
Les feux follets s'étaient calmés et ils reprenaient leur vol de luciole au-dessus de la tête de la naine.


-Alors maintenant vous pouvez me dire ce qui vous amène réellement ici à cette heure matinale... Et si vous aviez été sincère alors priez Joevina pour qu'elle vous trouve une femme qui ressemble à une femme, pour ma part je ne prie plus personne depuis longtemps.
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MessagePosté le: Jeu 18 Juil - 10:22 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

Les pucerons m'avaient définitivement désigné comme nouvel abri lorsque la plante se décida enfin à se dessécher. Les épines du rosier m'avaient percé de toutes parts.
Démangeaisons et écorchures partout sur le corps. Moi qui venais de me nettoyer... Je détestais ça.
Je tentai de ne pas grimacer. Rester de marbre.

Difficile aussi de rester calme face à une telle prise de folie. Je n'arrivais pas à me décider : avais-je dépassé les limites et devais-je m'éclipser pour laisser aux lendemains le temps de jouer leur rôle ? Ou n'était-ce qu'une barrière de plus que je venais de briser ?
Dans tous les cas, la lutte apparaissait plus difficile que prévu. Elle me plaisait d'autant plus.

Je me concentrai sur la mort des dernières fleurs pour oublier les affreuses sensations de ma peau.

J'ai reçu deux invitations de votre part à venir ici. Si vous ne croyez plus pouvoir plaire à un homme, considérez alors que je suis ici par politesse.

A peine ces mots prononcés, je me rendis compte de mon erreur. Voici le coup pour rien des échecs qui vous forcera bientôt à retirer votre fou de sa si belle position.
Je n'avais désormais plus la moindre excuse pour rester. Devais-je encore compter sur elle pour me la fournir ? Je n'y croyais plus.

Je me levai donc, défaisant mes bottes des dernières épines accrochées à leur fourrure.

Quant à me marier, et avec une femme ordinaire...

Mon sourire aurait presque laissé deviné un rire retenu, si j'avais été capable de rire. Les derniers mots vinrent dans un souffle.

Je te remercie mais ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.

La porte se referma un petit peu plus brutalement que je ne l'aurais fait d'ordinaire.

Je n'avais plus qu'à retourner jusqu'à la rivière.
Maudits rosiers !


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MessagePosté le: Jeu 18 Juil - 10:51 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

La porte avait claqué et Blasphème baissa la tête. Un feu follet s'approcha de la chevelure rouge et d'un geste de la main la magicienne l'envoya violemment contre la porte désormais close. L'animal scintillant perdit aussitôt sa lueur et les autres s'enfuirent par la fenêtre, ouvrant avec violence les volets de la chambre de Blasphème. Les feux follets s’échappaient et ce fut bientôt un nuage étincelant qui s'éleva vers les cieux avant d'éclater en mille lucioles.

Toujours assise sur son lit, la tête baissée Blasphème secoua la tête. Il ne lui aurait suffit que de deux coups de baguette pour être jolie de façon éphémère mais c'était pour la scène qui venait de se dérouler qu'elle préférait garder sa réelle apparence. Mio... Mais qui était-il réellement pour jouer ainsi ? Et surtout... Pourquoi ne pouvait-il pas lui aussi la laisser indifférente ? Allait-il lui aussi se transformer en femme le jour où à demi mot elle se confierait à lui ? Non, elle préférait encore lui mentir et profiter de sa présence quand il serait à proximité. Cela faisait un an maintenant... Et depuis deux mois don deuil aurait dû être terminé mais on n'oubliait pas comme cela, jamais... Luda... Elle détestait cette femme autant qu'elle l'avait aimé en homme... Lui qui l'avait toujours considéré comme une petite soeur, l'imbécile...

D'un geste elle envoya promener l'assiette que Mio lui avait offerte à travers la pièce. Stupide, elle était stupide et elle ne changerait plus maintenant. La magicienne remit son masque, enfila l'un de ses manteaux pourpres et sortit de sa chambre, laissant les volets et la porte ouverte. Il n'y avait rien de compromettant dans sa chambre, ni rien d'assez intéressant pour être volé.

Ses pas la menèrent à la taverne, où comme d'habitude certains de ses camarades décoraient les lieux en restant avachis au sol, imbibés de bière. Blasphème s'empara d'un morceau de charbon dans la cheminée et sur le parchemin demandant l'avis des membres sur les nouvelles recrues la magicienne traça une grande croix dans la colonne "Oui" pour Mio. De là, elle sortit et se dirigea vers son jardinet, le morceau de charbon entre ses mains et elle le mit quelques instants en lévitation tout en récitant quelques incompréhensibles incantations. Le morceau de charbon se transforma en rollier bleu et d'un geste harmonieux la magicienne lui donna son envol. Personne ne saurait ce qu'elle lui avait demandé, l'animal redeviendrait charbon la nuit suivante et la magicienne s'assit sous ses rosiers jusqu'à-ce que le soleil atteigne son point culminant dans le ciel.

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MessagePosté le: Jeu 18 Juil - 12:40 (2013)    Sujet du message: Ronces et rosiers Répondre en citant

L'eau n'était plus joueuse, mais salvatrice. Semblant extraire la frustration qui bouillonnait en moi par ces minces filets de sang qu'elle faisait s'échapper de mes écorchures.
J'appuyais ma tête contre la berge, seule attache à mes membres que le courant ballotait.

Les yeux clos, je tentai de me vider l'esprit. Mais dès que les cicatrices et les épines disparaissaient, ce n'était que pour laisser place à l'homme que je haïssais tant. Combien de temps me restait-il avant qu'il ne me retrouve ? Serais-je prêt alors à l'affronter...?
Peut-être que cette expérience m'apporterait assez pour le vaincre. Peut-être que cette troupe m'arracherait enfin à lui.

Revenir à Blasphème n'est que pur bonheur après que mes pensées se sont égarées sur le visage de l'hypocrisie. Ronces et rosiers n'ont plus que la douce saveur du piquant de l'amour. Celui qui entraîne vers le sommeil. Apaisé, dans ce lit aquatique.


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