Æternum Vale Index du Forum
 
 
 
Æternum Vale Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion



 Æternum Vale 
 
 
 
La fin d'une vie, le mystère d'une autre

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Æternum Vale Index du Forum -> Sanctuaire [RP] -> Chroniques des adeptes.
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Awesome
Porteur de l'Adieu
Porteur de l'Adieu

Hors ligne

Inscrit le: 05 Jan 2013
Messages: 154
Masculin Taureau (20avr-20mai)
Alignement:
Classe:
Guilde: Aeternum Vale
Grade:
Po'S: 150

MessagePosté le: Ven 19 Avr - 16:33 (2013)    Sujet du message: La fin d'une vie, le mystère d'une autre Répondre en citant

Le ciel est sombre. Un croissant de lune contraste, et éclaire mes amies les étoiles d'une lueur pâle. Celles-ci me regardent. Je les admire. Nous nous comprenons, elles et moi. Je souris. Elles me donnent des conseils, me font évoluer dans la vie. Je suis assis, au bord du lac. J'ai la tête levée et je les écoute. Elles ont beaucoup à me dire. Un hululement de chouette m'attire soudain, je détourne mon regard. J'aperçois ses deux immenses yeux jaunes. Ils me chuchotent de douces paroles. Mes amies, très loin là-haut, me chantent désormais une mélodie apaisante. Je contemple la vie de la nature. Je prends goût à la vie nocturne. Une bulle apparaît à la surface de l'eau. Je l'éclate tendrement, du bout de mon index. Je ne distingue pas le fond du bassin. Mais je perçois un drôle de reflet. Il s'agit d'un homme, visiblement, torse nu et moustachu. Son visage est creux, mais une étonnante grâce s'en dégage. Il a de petits yeux, fort profonds et ternes, surplombés d'un front ample. Son nez, droit et à peine pointu, est encadré par ses joues veloutées. Il tâte sa barbiche, aussi foncée que ses cheveux ébouriffés.
Je plonge mes mains dans l'eau fraîche. Je m'asperge. Je me trempe. Une bourrasque de vent, bien qu'elle soit faible, me souffle dans la nuque. Elle me fait frissonner.
Enfant, je venais souvent ici. Ma mère m'accompagnait au bord du lac. Nous nous asseyions. Elle me narrait des histoires. Je lui demandais de me chanter des comptines. Je l'écoutais avec attention. Elle m'apprenait le nom des plantes, des arbres. Elle m'enseignait les bases de la chasse. Souvenirs, souvenirs... Mais aujourd'hui elle n'est malheureusement plus parmi nous. Elle est montée dans l'espace, a rejoint mes amies les étoiles. Et elle brille, davantage que ses camarades, et me regarde. Je ferme les yeux, mets ma tête dans mes bras. Alors, de nombreuses larmes dévalent le long des mes joues.


* 
Un oiseau chante et me réveille. Il me sort de mon sommeil. J'ouvre les yeux et l'aperçois. Il est perché, sur la première branche d'un conifère situé sur un pic rocheux en hauteur, dominant le monde. Je suis étendu sur la plage de galets. Le soleil pointe son nez depuis une heure ou deux. Je me lève. Je saisis alors un galet lisse que je lance brutalement sur la surface du lac. Il ricoche deux, trois fois avant de sombrer dans les profondeurs de l'étang. Un groupe de canards s'envole. Ils s'en vont vers le nord. Je tourne le dos à ce fabuleux panorama, et je m'engage dans un chemin sinueux et escarpé, parallèle à la lisière de la forêt. L'oiseau chante encore − il m'appelle, peut-être ? Je franchis quelques souches, et marche durant quelques minutes. Puis je parviens au sommet de l'énorme bloc rocheux, surplombant le bassin, sur lequel l'oiseau chantonnait dans le conifère. Le soleil brille désormais. Il éclaire le monde d'une vive lumière jaune orangée. Soudain, l'oiseau, comme s'il m'avait attendu, s'envole, et se laisse emporter vers la surface de l'eau. Je m'approche du précipice. Il déploie ses ailes, au dernier moment, et rase l'étendue marine, avant de s'envoler pour aller se percher sur une nouvelle branche. J'entends le piaf, et cette fois-ci, il semble vouloir me dire : « Allez, c'est ton tour. ». Cinq bons mètres en contrebas, de fines vaguelettes s'éclatent contre la paroi rocheuse. Cette étendue brillante m'attire. Je ne peux plus résister ; j'inspire un grand coup, fléchis mes jambes et me propulse puissamment dans l'air. Je suis empli alors d'une impressionnante sensation de vide, de légèreté. Mais je ne suis malheureusement pas un oiseau, et la gravité me le démontre brutalement. Une force m'attire, la tête la première, vers le lac.
La première chose que je sens, c'est le froid. Oh oui, un froid glacial, qui me saisit partout. La deuxième, plus douloureuse je dirai, c'est la roche. Le choc. Oh oui, cette roche si dure au fond du bassin. Je la percute violemment et ne sens plus rien, ni le froid, ni le mal − je suis peut-être déjà mort ?


* 
La surface est très loin au dessus de moi. Du moins, le paraît-elle. Inaccessible. Mon destin est inévitable. Mourir noyé. Le bleu flou du ciel se dissipe peu à peu, avant de se foncer de plus en plus et de disparaître dans un noir peu réconfortant. La vase s'infiltre dans mon corps. Une algue me chatouille l'oreille. Un poisson me mordille l'orteil. Un crabe − est-ce vraiment un crabe, telle est la question ? grimpe le long de mon bras. Soudain, mes muscles refusent de m'obéir. Mes yeux ne peuvent observer. Mes poumons ne peuvent respirer. Mes oreilles ne peuvent entendre. Ma bouche ne peut hurler. Mais mon âme peut s'éteindre. Alors, je ferme les yeux.
*  
« Allez, fils de la nature, Réveille-toi. Suis-moi. Je t'emmène à ta sépulture.  
Laisse-moi te guider. Une nouvelle vie t'attend, fils de la nature. Tu peux renaître, et enfin oublier ! Oublier ton passé, et te relever, sans courbatures.  
Saisis cette chance, Fils de la nature. Va, courre dans les pâtures, Chante, saute, et danse.  
Relève-toi, juste un instant. »  
*  
Quelque chose me lèche la joue droite. Je sens une odeur de chien mouillé, plutôt désagréable... Une silhouette claire me lèche, me renifle, me tape doucement de sa patte. Oui, c'est bel et bien une patte. Il se met alors à grogner et semble me réclamer quelque chose. Il tourne autour de moi, s'agite et me bondit dessus. Je me lève en un instant, parviens à me stabiliser sur mes membres fragiles du au choc de tantôt. J'observe rapidement les lieux. Je suis debout, dans une petite grotte lumineuse. En effet, derrière moi, la paroi est effondrée, ainsi la lumière pénètre et illumine l'intégralité de la caverne. Mes pieds sont nus et sales. Je suis vêtu d'un unique pantalon de toile blanc, taché à quelques endroits. De nombreuses stalactites rocheuses lâchent des gouttes d'eau sur le sol terreux et humide. Je porte, autour de mon poignet gauche, un bracelet de cuir, orné de caractères dorés qui scintillent à la rencontre des rayons de soleil. Je lis alors : « La nature ne fait rien sans objet. » Subitement, une chauve-souris s'envole de son perchoir et disparaît par l'entrée de la grotte. Là-bas, le loup est assis et patiente. Il me lance un regard amical, tendre. Il s'agit d'un loup. Un loup blanc. Je m'approche, à petit pas. Il ne bouge pas. J'avance encore, délicatement. Son œil droit est rouge. Rouge sang. Très profond. Il y a une lueur vive, complice, et alors je comprends. Alors que j'aurais du périr au fond du bassin, être englouti par la vase, ou bien être recouvert d'algues, ou bien encore être grignoté, dévoré par ces minuscules poissons, ce loup est venu, m'a extirpé du tourbillon funeste dans lequel je m'étais engagé. Il m'avait sans doute amené dans cette grotte, soigné et était parvenu à me redonner la vie. Je me suis stoppé à un ou deux mètres de lui et l'on se regarde. Comme avec les étoiles. Son pelage blanc est aussi brillant que l'éclat des astres dans une nuit d'hiver. Je m'accroupis et je tends la main. Il me rejoint et se frotte à moi. Je le caresse affectueusement, l'enlace avant de lui glisser à l'oreille un « merci » reconnaissant.
Après quelques instants de compassion devant cet animal si gracieux, il sort de la grotte. Il gambade dans une forêt épaisse, moi suivant ses traces, et parvient à une clairière magnifique. Il s'agit d'une étendue d'herbe verdoyante, de fleurs colorées, d'arbres centenaires, dégageant un parfum doux et délicieux, dans laquelle flânent de nombreux animaux. Ils lèvent la gueule à notre arrivée à l'orée de la clairière, nous regardent un instant, puis continuent leurs activités. Au centre se dresse une fontaine miraculeuse, d'où jaillit de l'eau claire et pure. Une biche y boit, belle et tranquille. Puis elle s'en va, en quelques bonds. Alors, le loup − que j'appréciais de plus en plus −, marche et monte sur la plateforme assez basse qui encadrait la fontaine. Je le rejoins, inquiet. Alors, il me tend la patte, et regarde mon bracelet. Je lui attache. Il lève sa tête, tirant ainsi sur sa nuque, fixa le soleil qui pointait très loin dans le ciel, et hurla, comme le font si bien les loups. Aussi étrange que cela peut paraître, son corps se fige, ses yeux, et ses poumons aussi. Est-il mort ? Que se passe-t-il ? Je le caresse pour saisir ce que je n'avais pas saisi, mais au contact de mes doigts, « mon » loup disparaît et laisse à sa place un simple tas de sable. Je suis à genoux, je pleure et j'inonde cet amas de grains si doux. Ce n'est pas seulement un simple tas de sable. Dans le désert, il y a parfois un oasis, avec un petit palmier qui donne espoir au voyageur désespéré et perdu. Dans mon cas, il y a une perle rouge. Rouge sang. Comme l'œil de mon loup. Je la serre dans mon poignet, et tout d'un coup, je reçois comme un poignard au cœur de mon estomac. Je tombe, et la dernière chose que je perçois est la fontaine qui se fissure, me plongeant dans un bain de pureté infini.


*  
« Terre. Eau. Feu. Air. Les quatre éléments de la nature. Ceux qui exerceront ta prière, Te rendront plus fort et plus mûr. »  
*  
Ainsi, je brûle, et mes cendres volent, se mélangeant aux nuages, aux oiseaux, à la pluie et aux éclairs. Pour forger un homme fort, sage et mûr. « Le vent souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. »


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Ven 19 Avr - 16:33 (2013)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Hummes
Vieux papi croulant et sénile
Vieux papi croulant et sénile

Hors ligne

Inscrit le: 23 Nov 2012
Messages: 263
Masculin Verseau (20jan-19fev)
Alignement:
Classe:
Guilde: Aeternum Vale
Grade:
Po'S: 36

MessagePosté le: Ven 19 Avr - 20:12 (2013)    Sujet du message: La fin d'une vie, le mystère d'une autre Répondre en citant

Bravo très bien écrit et facile à lire malgré la quantité.  Okay
_________________
Aime jouer à la roulette russe.


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:06 (2017)    Sujet du message: La fin d'une vie, le mystère d'une autre

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Æternum Vale Index du Forum -> Sanctuaire [RP] -> Chroniques des adeptes. Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com